Intervenant(s) : Didier Vrancken, Grégory Cormann, Jeremy Hamers, Jonathan Dumont
Dates-Horaires : Le 17 mars 2015 à 18h30
Lieu : Salle des Professeurs, Place du XX Août 7-9 – Bât. A1, 4000 Liège
Thématique(s) : Conférence
Prix : Entrée libre

Aujourd’hui, en temps de crises, la place accordée aux émotions redevient centrale. Leurs vertus sont largement redécouvertes, parfois vantées. Par exemple, lorsqu’on parle d’intelligence émotionnelle. En cela, nos « démocraties contemporaines fragilisées » se distinguent nettement des « démocraties modernes » fondées sur la pensée rationnelle des Lumières.

À l’époque de la Renaissance, chacun se devait de maîtriser ses passions, absolument ! De la résistance appliquée par le citoyen face aux tentatives d’instrumentalisation de ses passions dépendait la réussite (ou l’échec) de la construction démocratique. Vision ô combien positiviste et challenge ô combien monunental.

Ainsi, le défi actuel ne serait-il pas, précisément, de ré-imaginer une vie citoyenne qui embrasserait les émotions sans pour autant renoncer aux acquis de l’émancipation et des droits ? Autrement dit, comment exercer sa citoyenneté en articulant clairvoyance, raison, sentiments et passions ? Est-ce possible ? Et ne s’agit-il pas du moteur, de l’alchimie, propre à tout engagement citoyen ? Que nous apprend l’histoire à ce sujet ? Que disent ses penseurs (Machiavel et Aristote, entre autres) ? Que nous apprennent les grands événements politiques ? Ceci devrait nous permettre de mieux appréhender le pouvoir de construction et de dissolution que l’émotion porte en elle.

Plus exactement, le propos qui sera développé dans le cadre de cette conférence par Nicole Hochner s’articule en deux temps. Dans un premier temps, Nicole Hochner nous expliquera pourquoi les sciences sociales (surtout positivistes) se sont éloignées des émotions comme de la peste, et pourquoi notre société est fondée sur l’idée d’un homme raisonnable (et donc a priori non émotionnel). Dans un deuxième temps, elle montrera comment une relecture de la philosophie politique sous cet angle prouve que les émotions avaient une place dans la réflexion des auteurs passés, et qu’il est instructif de s’en inspirer pour tenter de refonder nos réflexions académiques et politiques sur la place et le rôle des émotions dans la vie d’une cité et d’un État.

Renseignements : jonathan.dumont@ulg.ac.be | http://web.philo.ulg.ac.be/transitions

Voir l’article dans Culture, le magazine de culturel de l’Université de Liège.

 

En partenariat avec :
FNRS
Ville de Liège
Département de recherches sur
le Moyen Âge tardif & la première Modernité