Cycle de conférences avec l’Institut Confucius de Liège

 

1) La transcendance du Tao et de l’Etat en Chine ancienne – 20 novembre 2013

Par Jean Levi, sinologue et essayiste, directeur de recherche au CNRS

Depuis toujours on a établi des liens  entre régimes politiques et représentations philosophiques ou religieuses. Le ciel n’est qu’un reflet du monde terrestre, de même que l’ordre cosmique imaginé à partir de l’ordre humain sert à cautionner les formes politiques qui le régissent. A partir de ce constat, la présente intervention se propose de montrer que loin d’être exclusivement vouée  à l’immanence, comme cela se dit trop souvent, la pensée chinoise a très tôt  élaboré une philosophie de la transcendance. En effet, chez tous les penseurs des Royaumes combattants (Ve-IIIe siècles av. J.-C.) le Tao est un principe inconditionné et vide n’appartenant pas au même plan de la réalité que les phénomènes ; et l’autorité impériale a été conçue sur ce modèle. Ce qui explique certains traits particuliers du régime absolutiste chinois.

Modérateur : Andrea Cavazzini, chercheur en philosophie à l’ULg

 

2) Contraintes et énigmes de la puissance chinoise – 16 janvier 2014

Par Jean-Luc Domenach, Professeur au CERI, Sciences po, Paris.

La montée en puissance de la Chine impressionne mais elle doit pourtant tenir compte de contraintes majeures mais incomplètement connues qui sont issues de l’histoire, de la géographie, de la démographie et surtout de l’économie. Ces contraintes expliquent que l’avenir intérieur et extérieur de la puissance chinoise est totalement imprévisible. On peut seulement définir quelques énigmes majeures : l’évolution niveau de vie, la qualité des dirigeants, le niveau d’obéissance des provinces, la valeur de l’encadrement, la politique des pays voisins et surtout la qualité de la politique américaine dans le monde…

Modérateur : Eric Florence, chef de travaux à l’ULg

 

3) Entrepreneurs et bureaucrates dans la Chine post-maoïste – 27 mars 2014

Par Marie-Claire Bergère, Historienne, spécialiste de l’histoire du capitalisme en Chine, professeur émérite des universités, INALCO et EHESS.

Toujours communiste dans son organisation formelle, sa pratique autoritaire et son discours idéologique, le pouvoir post-maoïste s’est familiarisé avec les mécanismes de l’économie de marché, mais ne saurait tolérer qu’on évoque l’existence en Chine de « capitalistes ». Il se contente de célébrer ceux qu’il nomme les « entrepreneurs » et dont il vante la contribution à la croissance et au développement de la richesse nationale. Divers types d’entrepreneurs correspondent aux différentes facettes du système mixte qui structure l’économie chinoise. Au-delà des variations induites par leurs origines sociales, leur rôle dans l’activité économique, les relations qu’ils entretiennent avec le pouvoir, ces entrepreneurs forment-ils un groupe cohérent ? Agents actifs de la modernisation, sont-ils susceptibles de s’impliquer dans la libéralisation du régime ?

Modérateur : Pierre Defraigne, directeur exécutif de la Fondation Madariaga Collège d’Europe

 

4) Médecine chinoise traditionnelle VS médecine occidentale en Chine – 7 mai 2014

Par Catherine Despeux, spécialiste de la médecine et de la pensée chinoises, professeur honoraire des universités à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales.

© mailer_diablo

La confrontation entre médecine chinoise traditionnelle et médecine occidentale a débuté en Chine dès le xviiie siècle, mais elle a surtout pris de l’importance lorsque le modèle occidental a été adopté officiellement par ce pays au début du xxe siècle. Nous examinerons comment les deux systèmes se sont confrontés, quels en étaient les enjeux, quelles ont été les articulations mises en place entre les deux et comment la médecine chinoise traditionnelle a été transformée par cette confrontation.

Modérateur : Marie-Elisabeth Faymonville, professeur à la Faculté de Médecine