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« Votre recherche, ça sert à quoi ? ».  Les chercheurs en sciences sociales entendent fréquemment cette question, ils se débattent souvent en invoquant de possibles utilisations, politiques, économiques,…

De tout temps, la liberté du chercheur a été éprouvée par des attentes utilitaristes. Spontanément, les chercheurs eux-mêmes s’inquiètent de se sentir « utiles », de servir un intérêt…commun. Ce colloque international, ouvert au grand public tout en étant aux prises avec les préoccupations de chercheurs universitaires (doctorants, post-doctorants, scientifiques, académiques), entend visiter un point d’équilibre, une ligne de crête : ces façons d’être, de faire et de travailler qu’ont expérimentées, avec d’autres, divers chercheurs pour s’engager et tenir leurs engagements. Plus exactement, la posture explorée ici considère la pensée critique comme une affaire de sensibilités, d’affections et d’attachements.

En rupture avec un certain cartésianisme (parfois partagé par les mondes de la recherche ou de la militance), il s’agit d’envisager une recherche en actes où la pluralité des régimes de justification côtoie celle des régimes d’engagement. Une rencontre où il est possible de repenser l’utilité des sciences sociales en ouvrant la discussion à l’ambigüe « utilité de l’inutile » [ Nuccio Ordine, L’utilité de l’inutile, Les Belles Lettres (2012)] .

Conférence L. Thévenot